Un champ de coton au Maep ???
Un député dans un champ de coton dévasté par des parasites d’un côté. Un ministre de l’agriculture en exultation devant le record d’emblavure cotonnière face à des journalistes dans un bureau de son ministère de l’autre. A priori, rien de bien préoccupant si l’un ne voulait pas démontrer une faute de l’autre et vice versa. Quelques difficultés de décryptage dans le parallélisme des formes sur les méthodes. En effet, le député Bani Samari, de la majorité présidentielle parlementaire, a été vu sur le terrain, chez lui, à Banikoara, appuyé par des images poignantes. Le ministre Sabaï partageant le même bord politique et le même bled que le député alarmiste préfère les bureaux cossus de son ministère au témoignage de terrain. Proclamations passionnées depuis le « bureau de coton » contre le visuel sur les chaines de télévision des vrais champs au cœur du cotonland par excellence. Peut-être que le démenti sur site est en préparation, si possible à bord de l’hélicoptère présidentiel réquisitionnable désormais par le Maep pour raison de révolution verte.
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Dans un cas comme dans l’autre, quelqu’un ment entre les deux : le ministre ou le député. Le fait pour eux tous d’être membres de la mouvance présidentielle en rajoute à la décadence au sommet. Il n’y a aucune joie pour un citoyen d’avoir à choisir entre deux versions contradictoires de deux personnalités de la République sur un sujet aussi sensible que le produit de rente supposé générateur de devises pour le budget national et qui occupe une grande partie de la population. Mais au-delà, toutes les autres composantes de la majorité en prennent un coup pour leur crédibilité. A moins que ce ne soit là une lutte de pouvoir entre des personnalités en rivalité dans une même zone électorale. Guéguerre qui affecte malheureusement et directement les paysans et une grande partie de l’opinion publique.
A l’heure où tous les esprits sont au chagrin dans les champs de coton du pays, le ministre semble avoir fait son choix. Le démenti sur l’existence des parasites et la recherche de la quantité d’insecticide manquante. Si par contre les propos de l’honorable Bani Samari ont un quelconque intérêt, les propriétaires des emblavures atteintes auraient souhaité qu’on leur dise comment limiter les dégâts ou à défaut comment envisager leur dédommagement afin qu’ils ne se retrouvent endettés et plus pauvres qu’au début de la campagne. Accusations et démentis ne sauraient remplacer ni les insecticides ni les parasites (s’ils existent).
Qui dit vrai à la fin ???
Par Arimi Choubadé