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"Nous produisons de la recherche scientifique pour la cause du développement": Entretien avec Bruno Bordage, représentant de l’Ird au Bénin

Auteur: - Fraternité - Article original. Indexé le dans Science et Tech.
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" Nous produisons de la recherche scientifique pour la cause du développement ": Entretien avec Bruno Bordage, représentant de l’Ird au Bénin
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Bruno Bordage, représentant de l’Ird au Bénin

Véritable outil d’aide à la décision, l’Institut de recherche pour le développement (Ird) œuvre dans le domaine de la recherche scientifique. Son premier responsable au niveau national, après six années passées au Bénin est appelé à servir sous d’autres cieux. Avant son départ, il nous livre ici les axes majeurs de son intervention au Bénin.

Présentez nous votre institut…

L’Ird est un organisme scientifique qui dépend des ministères français de la recherche et des affaires étrangères. Il est sous la tutelle de ces deux ministères. Nous sommes présents dans de nombreux pays à travers le monde, surtout dans les pays du Sud, en Afrique, en Amérique latine, en Asie pour faire des recherches scientifiques sur les thèmes liés au développement.

Quels sont les secteurs phares où vous intervenez ?

Les domaines principaux dans lesquels nous intervenons au Bénin sont la santé, l’environnement et l’évolution des sociétés notamment urbaines. Voilà les principales thématiques sur lesquelles nous travaillons.

Quelles sont les actions que vous menez au niveau de chaque secteur ?

Dans le domaine de la santé, nous travaillons surtout sur le thème du paludisme qui est un fléau très grave pour ce pays. Nous avons toujours besoin de faire de la recherche scientifique pour améliorer la lutte contre cette maladie. Nous travaillons dans deux directions. La première, c’est la lutte contre les vecteurs, c’est-à-dire contre les moustiques, les anophèles qui transmettent le parasite. Comment par exemple mieux utiliser des moustiquaires qui seront plus efficaces avec des produits chimiques qui les imprègnent pour une longue durée d’action car les moustiques développent des résistances. La seconde direction, c’est trouver de nouveaux médicaments, de nouvelles molécules voire un vaccin pour traiter le paludisme des jeunes enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes.


Pour ce qui est de l’environnement, il nous faut le préserver comme dans tous les pays du mondeIl nous faut assurer un développement qui tienne compte des contraintes de l’environnement durable. Nous travaillons essentiellement sur le thème du climat, le réchauffement climatique, la pluie, les ressources en eau… Nous essayons d’étudier les liens entre l’Océan, l’atmosphère et les continents pour mieux comprendre les phénomènes de pluie, de sécheresse…

Quant au secteur de la société, nous travaillons sur les dynamiques urbaines et notamment la place des jeunes femmes dans les villes, les problèmes de santé, d’emploi, de santé de la reproduction, la manière dont les familles se recomposent. Nous nous intéressons à la ville de Cotonou essentiellement mais aussi avec un intérêt non moins important pour Lomé, Ouagadougou afin de comparer les grandes métropoles africaines.

Comment s’établit le partenariat entre votre Institut et les structures nationales ?

C’est très important de parler de partenariat. Cela n’aurait pas de sens que la France vienne faire de la recherche au Bénin seule, que les chercheurs français soient isolés dans leurs travaux dans des laboratoires sans lien avec les chercheurs béninois. C’est fondamental que nous travaillions en étroite collaboration avec les chercheurs béninois et c’est ce que nous faisons. Nous sommes donc en partenariat avec les universités notamment la plus grande université du pays, celle d’Abomey-Calavi et d’autres ministères techniques. Donc, nos chercheurs sont dans les locaux des universités et des centres de recherche béninois. Nous n’avons pas nos propres murs. Nous partageons les conditions de vie et de travail des chercheurs locaux et avec eux nous produisons de la recherche scientifique.

Les résultats de vos travaux sont-ils exploités par les pouvoirs publics nationaux ?

Nous communiquons les résultats de nos travaux aux autorités nationales. Dans le domaine de la santé, le Programme national de lutte contre le paludisme qui dépend du ministère de la santé donc du gouvernement béninois préconise des méthodes de lutte anti-vectorielle qui tiennent compte des résultats des recherches scientifiques. Par exemple, les nouveaux médicaments que l’on donne maintenant aux enfants dans les centres de santé béninois, les Act, sont des combinaisons de deux molécules qui ont été mises au point par des recherches scientifiques.

Après six années passées à la tête de l’Institut au Bénin, êtes vous satisfait de votre séjour ?

Je suis satisfait de la dynamique de la recherche scientifique au Bénin. Le nombre de chercheurs Ird était au début des années 2000 juste une poignée de personnes. Maintenant, dès le mois de septembre prochain, nous serons 27 chercheurs français présents au Bénin. Donc nos activités se sont développées, elles se sont diversifiées et les relations avec les institutions scientifiques béninoises sont excellentes. Voilà pourquoi je suis ravi de ce long séjour.

Quelle est votre opinion sur l’état de la recherche au Bénin ?

Il existe au Bénin d’excellentes équipes de recherche, qui sont bien insérées dans la communauté scientifique internationale. Ces équipes sont toutefois trop peu nombreuses pour accompagner le développement du pays. L’université, étant accaparée par l’accueil et la formation d’un nombre toujours croissant d’étudiants, ne parvient pas encore à s’investir suffisamment dans la recherche. La science béninoise pourrait se hisser à un bon niveau international si la plus grande attention était portée à la formation et au recrutement de jeunes scientifiques.

Quel appel avez-vous à lancer ?

Si j’avais un appel, ce serait celui de la jeunesse. Ne pas oublier que les générations actuelles qui sont en poste dans les laboratoires de recherche vont un jour partir à la retraite. Il faut penser à la relève et c’est très important de former des jeunes au niveau master, au niveau doctorat pour que la relève soit assurée. Nous nous y employons à l’Ird. Nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour former des jeunes docteurs, leur attribuer des bourses. Nous demandons aux autorités nationales de renforcer leurs efforts dans ce sens et nous sommes prêts à les appuyer.

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n'offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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