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Entretien avec Bernard Dossou : «JE N’AI PAS ENVI DE SERVIR D’AUGE POUR QUE LES PORCS MANGENT. »

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Entretien avec Bernard Dossou : «JE N’AI PAS ENVI DE SERVIR D’AUGE POUR QUE LES PORCS MANGENT. »

Précédemment maire de la ville de Porto-Novo, Bernard Dossou élu sur la liste PRD a transhumé après son échec pour un second mandat. Actuellement Président du Front des Démocrates du Bénin (FDB), un parti politique dont il est l’initiateur, l’homme a rejoint le camp de la mouvance présidentielle. Aujourd’hui, au sein de sa nouvelle formation, celui-ci s’occupe de la formation des membres. Il s’est prêté à cette interview où il a d’abord parlé de la situation politique actuelle, ses relations avec les membres de son nouveau groupe politique et  surtout, la question sur son expérience de  maire n’a pas été omise.

Quelle appréciation avez-vous de la situation politique qui prévaut au Bénin ?

Le Bénin est un Pays phare lorsqu’on parle de la démocratie dans les pays africains. Nous avons donné l’exemple d’instruction démocratique qui fonctionne très bien et aussi d’alternance qui se passe pacifiquement. C’est à notre honneur et nous devons continuer sur cette lancée. Ce qui se passe aujourd’hui est lié exclusivement aux élections présidentielles et législatives. C’est-à-dire que chacun veut placer ses meilleurs pignons. Lorsqu’on parle de Lepi, des gens non enrôlés, de délais qu’il faut respecter, certains font des calcules machiavéliques. Ils veulent à tout prix que les élections soient en leur faveur, c’est pourquoi on conteste tout ce qui se fait si on se rend compte que ce n’est pas en faveur de son groupe politique. En réalité, il n’y a pas de structure parfaite, il n’y a pas d’action parfaite. Il y a toujours des erreurs qui se glissent dans les pratiques des hommes, l’essentiel c’est
de s’entendre pour les corriger. Mais lorsqu’il y a une pratique que vous rejetez de manière systématique, et après vous revenez pour dire qu’il faut corriger, il y a problème et c’est là qu’on ne comprend pas bien le jeu politique qui se fait dans ce pays. Christian Lagnidé  l’a exprimé : il dit que les politiciens se mentent entre eux. Cela veut dire que souvent nous manquons de sincérité. Ce n’est pas parce que je ne trouve pas mon compte dans un processus que je vais condamner le processus absolument, ce n’est ni parce que j’y trouve mon compte que je ne vais pas être à l’écoute des critiques parce que, en fait, les critiques sont des maîtres qu’on ne paie pas. Ça nous aide énormément à atteindre un bon résultat. Mais si je critique pour critiquer, si je critique parce que mon intérêt n’y est pas, si je critique non pas pour améliorer ce qui se fait mais pour détruire, je deviens moi-même nocif à
l’évolution de mon pays et c’est qui se passe aujourd’hui, on rejette ce qui se fait, après on dit qu’il faut le faire, après on dit que c’est mal fait. Le fait de rejeter est déjà une prise de position négativiste. On ne se souvient plus, on dit que le peuple a la mémoire courte. Les gens ont oublié que ceux qui disent aujourd’hui que c’est mal fait, c’est les mêmes qui avaient dit de ne pas le faire. Ma position est que nous avons besoin de la Lepi, tout le peuple béninois est conscient qu’il faut la Lepi, même si ce n’est pas très bien fait il faut corriger, ça va être fait. Nous tous nous sommes conscients que les listes électorales manuelles sont truquées. Il y a des gens qui se promènent avec 200 cartes mais il faut mettre fin à ça un jour. Même si le processus qui doit mettre fin à cela est mal enclenché, il faut rectifier progressivement, à force de correction, nous allons parvenir à de bons
résultats. Surtout que la polémique, si elle a un aspect positif, c’est qu’elle pousse à mieux faire, mais il ne faut pas qu’elle pousse à ne pas faire les élections. Il faudrait que les élections aient lieu à bonne date. Il faut qu’on aille aux élections avec la Lepi.

Vous devez être foncièrement contre les spectacles que présentent les députés à l’Assemblée Nationale.

C’est une question de conscience. On ne peut pas être pour ou contre les députés, on peut être contre certaines méthodes>

On peut aboutir aux mêmes résultats avec des méthodes différentes parce qu’il ne faut pas oublier que nous avons des leçons à donner aux jeunes générations. Il ne faut pas que nous donnions des leçons d’anarchie, de désordre. Il faut que les jeunes générations puissent comprendre nos réelles motivations afin de s’y adhérer pour que nous servions de modèles. Si non, nous servirons d’exemple à ne pas suivre. Je ne sais pas s’il y a des béninois qui peuvent considérer les jeux de Caca, de Gangan ou de gons à l’Assemblée Nationale comme des modèles à suivre, je ne sais pas si les béninois cautionnent ça. Pour moi, le dialogue n’est pas tapageur mais plutôt recherche de consensus, c’est l’effort pour à mener l’autre à adhérer à vos idées. Ce n’est pas déployer de force pour
abattre l’autre ou pour le faire taire : c’est ceux à quoi nous assistons à l’Assemblée et c’est dommage que se soit avec des gens que nous avons jusque là considérer comme des respectables. Je crois qu’ils vont se ressaisir et que nous laisserons de bons exemples aux jeunes générations.

Nous sommes en pleine campagne, dévoilez-nous les stratégies que vous mettez en exergue ?

Je suis chargé de la formation des délégués du parti et je crois que tout se déroule bien. Nous avons déjà formé les formateurs départementaux et communaux. Parlant de la campagne, on peut dire que cela se déroule très bien au sein de ma formation politique mais il y a des choses à déplorer : la campagne ce n’est pas la guerre, beaucoup de nos adversaires croient que la campagne c’est la guerre et ils vous menacent, vous agressent, ils vous provoquent. C’est de l’inculture politique. Je crois que nous devons former nos militants et leur dire la vérité, ce n’est pas en distribuant l’argent qu’on renforce la démocratie mais c’est en développant des arguments susceptibles d’amener l’autre à adhérer à votre projet de société. Malheureusement, nous avons encore beaucoup d’hommes politiques et de militants incultes politiquement.

Parlant de projet de société dites-nous si devez vendre votre candidat que direz- vous ?

Je vais d’abord m’adresser à tous les béninois qui sont en difficulté et Dieu sait que j’en connais beaucoup à cause du problème de l’ICC. Si nous voulons que les nôtres récupèrent ce qu’ils ont déposé à l’ICC, il faut qu’on fasse tout pour que Boni Yayi revienne. Nos amis d’en face nous les connaissons, ils auront tôt faire de dire que cela ne les concerne pas et que c’est les autres qui ont fait ça. Alors que si nous ramenons Boni Yayi, nous aurons la possibilité d’aller vers lui et lui dire qu’il a promis nous rembourser, il faudra tenir ta parole. La deuxième chose que je dois dire aux béninois est que depuis 1960, aucun président n’a fait autant que Boni Yayi dans ce pays. Si on en connaît, on n’a qu’à nous le doigter ou tel a fait plus, ou autant. Il faut le reconnaître, Boni Yayi a un mental de bâtisseur. Il construit, il avance. Il trébuche, il avance quand même. Il faut le lui reconnaître. On
dit chez nous que quand l’adversaire est bien habillé, il faut le lui reconnaître. Ca aussi c’est déjà une qualité chez celui qui le reconnaît. Cela veut dire que lui-même a du goût. Pour les béninois, je dirai que Boni Yayi a beaucoup fait et il faut le reconduire afin qu’ils finissent ses actions. Maintenant aux porto-noviens je dirai ceci. Quand nous étions maire, nous avions fait la négociation d’un marché international avec le maire de Gbadagry et celui de Lagos depuis mon départ de la Mairie on en parle plus. C’est dernièrement pendant la campagne que le vieux qui m’y avait amené, a soulevé la question et le président de la République est d’accord pour qu’on construise ce marché. C’est important car ça va de la richesse à la ville de Porto-Novo. L es koweitiens étaient passés quand j’étais maire de la ville de Porto-Novo pour la construction d’une université à  Porto-Novo. Nous avions dégagé 100
hectares à Lokpodji. Si Boni Yayi ne revient pas, Porto-Novo perd encore cette université comme nous avons perdu il y a 40 ans l’université de Ouando, faute du changement de gouvernement. Nous ne sommes quand même pas maudit. Les autres voulaient construire le nouvel aéroport à Akassato, Boni Yayi a décidé de le faire construire à Kraké et il a confié la recherche du financement à un fils de Porto-Novo Samuel Dossou. Si Yayi s’en va, à Dieu ce projet. Le nouveau Port sera aussi construit à Sèmè-Kraké. Les porto-noviens disent « votons le sang ». Est-ce qu-ils sont sûre que ce qu’ils appellent leur sang est vraiment leur sang et même si c’était le cas, si tu es malade, si Ahoussa t’apporte le médicament qui doit te guérir, diras-tu que tu veux le médicament de Hounsou ? Dieu ne fait pas de tout le monde un sauveur. J’invite donc tous mes frères à se ressaisir pour que nous ne perdions pas tout ce qui est prévu pour
nous.

Des rumeurs avaient circulé et faisaient état de ce que vous devez remplacer l’actuel préfet Ouémé/Plateau mais parce que vous n’êtes artisan de première heure cela n’a pu se faire. Est-ce dire que vous n’êtes pas encore acceptés par votre nouveau groupe politique ?

C’est une bonne question. Ce qui est sûre moi je ne travaille pas pour les postes mais pour le pays. Comme Robert Dossou depuis des années j’ai toujours mené des activités non pas pour avoir des postes mais pour l’amélioration des conditions de vie de ceux avec qui je suis. J’ai toujours défendu l’honneur de la ville de Porto-Novo. Je travaille pour le développement de mon pays, pour le développement de la ville où je suis né et pour l’amélioration des conditions de vie des gens avec qui je suis. Maintenant si vous travailler bien, à cause de vos qualités on peut vous confier des responsabilités. J’ai été membre du bureau politique du parti NCC, ce n’est pas parce que je suis Bernard Dossou, c’est parce que je peux faire quelque chose. Quand j’ai été vice président du PRD ce n’est pas parce que je suis Bernard Dossou mais plutôt parce que je peux faire quelque chose. Quand j’atterri quelque part, les gens ont
toujours peur pour leur poste. Il en a qui sont jaloux. Je n’ai pas demandé à être bien né. J’avais eu les mêmes problèmes au PRD. Je ne veux pas arracher le poste de qui que ce soit, je veux juste travailler pour le développement de mon pays.

Avez-vous la nostalgie de votre expérience de maire ?

Oh ! Non, c’est une page qui est tournée. Il faut toujours regarder devant. On ne regarde derrière que pour prendre des leçons, ou quand on veut pendre appui pour sauter même quand on veut sauter on regarde devant. Je ne regarde pas derrière, j’ai fini. C’est une expérience que j’ai vécu, je tire leçon de cette expérience pour moi-même et pour les jeunes générations. Ah ! Je n’ai pas du tout envie de la revivre surtout pas dans les mêmes conditions. Je n’ai pas envie de servir d’auge pour que  les porcs mangent. (Rire)

Propos recueillis par Kola PAQUI

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site L'autre Fraternité. Jolome News n'offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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