Albert Tévoédjrè après le vote de la loi : « C’est un vote institutionnel, l’affirmation de la démocratie »
15 juillet 2009
Après le vote de la loi instituant le médiateur de la République, nous avons tendu notre micro au Professeur Albert Tévoédjrè pour recueillir ses premières impressions. Pour lui, l’acte posé par les députés est à saluer.
Quelles sont les impressions qui vous animent en ce moment ?
Vous savez, nous sommes un peuple de tradition française, de culture latine. Aujourd’hui 14 juillet est un jour important. C’est l’affirmation de la démocratie pour la France. Que le parlement, le Bénin choisisse ce jour pour instituer le médiateur de la République, c’est un symbole fort. C’est important. Je voudrais me joindre à tous les Béninois pour remercier tout le parlement, son président, la présidente de la commission des lois, tous les présidents de groupes parlementaires. Tous ont contribué parce que cette une victoire commune permet au Bénin de croire en sa marche en avant dans l’unité et dans la réconciliation. C’est important. C’est une affirmation de la démocratie. Ce qui est important pour nous, c’est de servir cette démocratie dans le cadre d’une médiation toujours réussie, toujours intelligente, toujours au service des plus pauvres, des plus souffrants. Je remercie tous les députés>
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La loi impose au médiateur de n’appartenir à aucune formation politique ou de démissionner. Qu’est-ce que vous allez faire ?
Bien sûr. J’ai fondé, mais c’est fini.
Mais vous êtes le président d’honneur du Parti national Ensemble ?
Il y a aucun problème en cela
Et le formalisme ?
Quel formalisme ? Je le ferai. Ce n’est pas important. C’est une charge nationale. C’est un service qu’on nous demande. Un sacrifice qu’on me demande. J’ai laissé suffisamment d’hommes et de femmes de qualité dans la politique pour prendre la relève sans que je ne sois importuné. Ce qu’on me demande de faire aujourd’hui pour le pays est plus important qu’une action partisane.
La loi a voulu que vous disposiez de l’autonomie financière, mais les députés vous ont amputé cette autonomie
Albert Tévoédjrè n’est pas passionné de l’argent. Je n’aime pas parler de l’argent du tout. Par conséquent j’ai déjà, depuis deux ans, travaillé à l’Opm sans un budget autonome, sans loi mais avec les moyens que j’ai pu obtenir avec mes collaborations auprès des partenaires. Nous avons réussi à régler mille cas, mille recours. Par conséquent, ce n’est pas l’autonomie budgétaire qui compte. Il y avait d’autres articles plus importants que çà dans le projet de loi, qui ont été sauvés. Ce qui est important c’est que nous puissions faire de la médiation avec les moyens qui nous sont donnés. Ils peuvent contrôler comme ils le veulent, ce n’est pas mon problème. Ce qui importe pour moi, c’est la capacité d’agir librement, de servir les citoyens.
Propos transcrits par T.P.A