Affaire « extorsion de fonds » à un commerçant par des journalistes:Eric Zossou est un martyr
Publié le 19 mars 2012.Pour une affaire « d’extorsion d’argent », nos collègues Médéric François Gohoungo et Steven Lemon sont aujourd’hui derrière les barreaux de la prison civile de Cotonou. Eric Zossou, l’homme d’affaires que les deux journalistes auraient tenté de faire chanter, a bénéficié d’une liberté provisoire suite à l’audience publique tenue au tribunal de première instance de Cotonou. Mais dans les couloirs du tribunal, les commentaires sur l’affaire allaient bon train.
«J’ai l’impression que vous avez trouvé votre martyr, celui qui va vous aider à assainir la corporation ». «Il fallait être fou pour faire ce qu’il a fait. Piéger des journalistes de la sorte, c’est osé ». Au tribunal vendredi dernier, les commentaires allaient bon train sur les arrestations de nos confrères Médéric François Gohoundo et Steven Lemon et leur première comparution>
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Chacun d’eux avançait ses arguments pour expliquer son avis. Globalement, il est à retenir que la presse béninoise n’est plus une bonne presse. Les populations voient en notre corporation celle des corrompus, des chasseurs de perdiems et de « professionnels » à la quête du gain facile. Alors, l’acte du commerçant Eric Zossou est pour eux le bienvenu. Lors de la comparution de vendredi dernier, l’homme d’affaires n’a pas tremblé dans le récit des faits qui se sont déroulés lors du rendez-vous et qui a abouti à l’arrestation de nos deux confrères. Avec des détails très précis, Eric Zossou a raconté le film de ce qui est qualifié de « tentative de chantage » de l’homme d’affaires. La justice a qualifié le comportement des journalistes « d’extorsion de fonds ».
Tout professionnel des médias ayant suivi le procès et le récit de la victime en était gêné. La vérité était difficile à accepter. Dans le même temps, les populations en étaient contentes. « Nous voudrions bien avoir des journalistes crédibles au Bénin. Tout le monde n’est pas ce qu’on nous raconte aujourd’hui. Raison pour laquelle les quelques brebis galeuses qui sont de vos rangs doivent être découragées par des personnes comme Monsieur Eric Zossou », a confié un curieux du procès de vendredi dernier. Eric Zossou est pris pour le martyr de la presse béninoise. Et si c’était vraiment le cas, vivement que cela participe effectivement de cet assainissement.
Wandji A.
