Combat ou marche ?
9 juillet 2009
Boni Yayi, souvenez-vous, a marché vertement contre la corruption. Sa ministre a écrit un livre pour qualifier le régime de son prédécesseur de népotiste, de corrompu et autres épithètes à faire une révolution.
Le chef de l’Etat tente tout. Il ne parvient pas à trouver la solution du système d’équations qu’il a inventé lui-même. Il baltutie, piétine, et se mord les doigts. Il tente à nouveau un ballon d’essai : le Président de l’Assemblée serait saisi pour une éventuelle mise en examen du ministre Mana Lawani. La bande annonce a fait rigoler les étudiants en faculté de droit>
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Comme on le constate, le chef de l’Etat est aux abois. Jamais de mémoire de chroniqueur politique on a vu un Président se contredire sur les fondamentaux de son régime. C’est un scandale inimaginable. Pire, Boni Yayi n’est pas prêt pour lutter contre la corruption. Malgré les preuves accablantes qui pourraient conduire à mettre en examen le ministre de l’urbanisme, il fait semblant de ne rien voir et de ne rien entendre. Le régime de Yayi est en somme intellectuellement mal préparé, physiquement sans énergie, moralement découragé. En principe, face à l’ampleur des ravages causés par l’emploi massif de la bouche, Réckyath Madougou devrait conserver sa » blancheur » en se retirant d’un système politique très abject sur tous les plans.
Elle a abandonné le combat pour la parole au moment où le gouvernement auquel il appartient complote contre la société civile. Elle a fait son combat pour le silence parce qu’elle est déjà métamorphosée. C’est vrai qu’une telle initiative serait politiquement incorrecte.
Les communicateurs de la présidence ont aussi abandonné le boulot parce qu’on ne communique pas trop longtemps avec un démagogue perpétuel. Pour l’instant, le porte-parole du gouvernement tente désespérément de récupérer la situation. Parviendra-t-il à se hisser comme super ministre d’Etat ? Aujourd’hui, tout porte à croire que Boni Yayi a perdu l’essentiel de ses alliés. Faut-il qu’il invente à nouveau une nouvelle marche contre la corruption ou carrément écrire un livre qui pourrait avoir comme titre : » Mon combat pour la… « .
Marie-Richard Magnidet